La cloche a sonné, ça signifie — La rue est à nous que la joie vienne — Mais oui mais oui l’école est finie*
Nous voici en juillet, synonyme de vacances pour les enfants. Pour le titre de cette chronique, j’ai hésité avec les paroles d’une autre chanson, plus ancienne, où il était question de « mettre la maîtresse au milieu ». Nos instituteurs ne le méritaient pas, nous les aimions et les respections. Je veux leur rendre hommage ici. Mes camarades, nés en 1945 -1946 — 1947, se les remémoreront, avec une certaine nostalgie, même si certains de nos enseignants n’ont pas toujours été tendres avec nous.
Au début était l’école maternelle, aujourd’hui disparue, cachée derrière la boulangerie Derbez. Y officiaient : Mme Bouttaz, la directrice, Mme Darves et une troisième enseignante dont j’ai oublié le nom. Je n’oublie pas le personnage important de cet établissement : Mme Roche, ATSEM d’aujourd’hui. Mes camarades de l’époque dont je me souviens : Maurice Berger, Alain Joselzohn, Daniel Excoffier, Dominique Bois.
J’ai le souvenir précis de mon passage à la « grande école » du Champ de foire, c’était chez Mme Didier, titulaire de la classe de CP. Nous y avons appris à compter avec des bûchettes de couleur ! En fin d’année, j’obtins le 1er prix de lecture et reçus en cadeau un livre offert par M. Ruaz, boucher à l’angle des portiques.
Le CE1 à côté était détenu par Mme Aspord, le CE2 par M. David (le jeune, qui jouait de la flûte au sein de la lyre mauriennaise) il nous traitait affectueusement de « sagouins » !
Je n’ai pas eu à affaire avec Mme Pachoud, réputée sévère, au CE1 du Champ de foire, car le baby-boom avait conduit à dédoubler cette classe au-dessus de la remise des pompiers, rue Bonrieux. Là, nous avons été instruits par M. François Julliard. La cour rien que pour nous : on y jouait au foot avec Roland Durieux et Daniel Nagy, Jacques Dalla Libera. Cette année-là, mon ami Jean Bailly s’était cassé la jambe au ski et Maurice Berger avait connu le malheur de perdre sa maman, une terrible incompréhension pour nous les enfants !
Il nous a fallu quitter cet ilot protégé pour retourner dans l’agitation du champ de foire, dans la classe de CM2 de Sébastien Berthier. Au cours d’une leçon de choses, il avait malicieusement posé cette question à Hervé Bottino : « À quoi sert le salpêtre ? » — « À mettre sur les saucissons, Monsieur ! » avait répondu sans hésiter le fils du charcutier-traiteur. M. Berthier, qui plus tard, allait devenir conseiller général, nous a appris à chanter, accompagnés de son guide-chant à soufflet, la Marseillaise, l’Hymne à la joie et le Chant des Allobroges.
Je n’ai pas cité l’autre M. David, le directeur, car il enseignait dans la classe du certificat d’études que je n’ai pas fréquentée.
À l’époque, il existait un examen d’entrée en sixième. Avec quelques camarades, nous en fûmes dispensés au vu de nos bons résultats de CM2. Je rejoignis le Collège de Jeunes filles (actuel Collège Maurienne), c’était l’année où cet établissement est devenu mixte. Dans cette classe de 6e classique, nous avons commencé le latin avec Mademoiselle Caradec qui a vainement lutté contre le « y » savoyard : « je vais y faire ! », tandis que, Mme Merloz, professeur de sciences naturelles, n’était pas avare de ses : « pas puis ! ». Hubert Lescale enseignait, lui, de l’histoire-géo. Ce fut pour moi la dernière année de ma scolarité à Saint-Jean, avant l’exil de notre famille en Bretagne. Cette période, je l’ai partagée avec Maurice Berger, Simone Évroud, Jean Bailly et le regretté Jean-Pierre Augert, ce dernier étant plus préoccupé par le ski que par les déclinaisons latines.
À cette énumération, je dois y ajouter les maîtres de l’école d’Albiez-le-Jeune que j’ai fréquentée, en fonction des contraintes familiales, en alternance avec celle de la vallée. Je me souviens de Melle Maréchal, de Melle Joukov et bien sûr, de la classe unique de M. Marcel Olivier.
Je me suis autorisé, dans la présente chronique, à citer les noms de certains de mes camarades. Qu’ils ne me tiennent pas rigueur pour cet anonymat dévoilé. J’espère aussi que ceux que je n’ai pas convoqués ne m’en voudront pas non plus. Cette époque, vue avec le recul de mes presque quatre-vingts printemps, fut une période riche et heureuse que j’ai voulu évoquer une fois de plus pour ceux qui l’ont vécue avec moi.
*Paroles de la chanson l’école est finie interprétée par Sheila, paroles de Jacques Hourdeaux et André Salvet, compositeur : Claude Carrère.

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