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22 Saint-Exupéry en Sardaigne - 1ère partie

Antoine de Saint-Exupéry en Sardaigne, puis en Corse — 1/2

Au cours de l’exploration progressive de mon environnement sarde, j’ai découvert qu’il existe, à moins de 100 km de la maison, un musée consacré à Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944). Ce n’est qu’une demi-surprise, car, si l’on sait que l’auteur du Petit Prince (ouvrage le plus traduit après la Bible) s’est abîmé en mer au large de Marseille le 31 juillet 1944, on connaît moins le lieu de départ de ce raid mortel. Ce dernier se situe à Borgo en Corse, près de Bastia. Saint-Exupéry y était basé depuis quelques jours, après avoir séjourné plusieurs semaines en Sardaigne. C’est cette période de la vie du pilote-écrivain que je vais tenter de retracer et qui pourrait apporter un éclairage particulier sur sa personnalité.

L’armistice de Cassibile (près de Syracuse en Sicile) est signé le 8 septembre 1943, mettant fin aux hostilités entre l’Italie et les Alliés. Depuis fin 1940, Saint-Exupéry réside aux États-Unis. En avril 1944, il rallie les forces alliées en Afrique du Nord. Il est affecté à l’escadrille de reconnaissance aérienne II/33, celle avec laquelle il avait volé au début de la guerre. Le 10 mai 1944, il rejoint, avec son unité, l’aéroport militaire de Fertilia près d’Alghero. Ils ont pour mission stratégique d’établir la cartographie du territoire ennemi dans le sud de la France, en préparation du débarquement de Provence qui aura lieu à partir du 15 août 1944. Saint-Exupéry habitera une maison au bord de la mer, à Porto Conte, en face de la Torre Nuova. Cette tour aragonaise a été bâtie en 1572 et héberge actuellement le MASE : Musée Antoine de Saint-Exupéry.

L’écrivain, récemment nommé commandant, se voit confier 8 missions. Entre le 24 mai et le 6 juin, il vole presque tous les jours. Son avion, le Lightning P-38 que les Allemands surnommaient : « le diable à queue fourchue », atteignait 600 km/h et pouvait voler à 10 000 m d’altitude. Son armement de quatre mitrailleuses était remplacé par 6 appareils photographiques.

Le 6 juin, il effectue sa première mission sur Marseille, mais après qu’un moteur ait pris feu, il rentre à Fertilia après avoir réussi à prendre des photos. Le 14 juin, il accomplit sa première reconnaissance réussie au départ d’Alghero en survolant la côte. Le lendemain, il survola Toulouse, mais dut rentrer, à la limite de l’évanouissement, à cause d’un mauvais fonctionnement du masque à oxygène. Le 23, au-dessus d’Avignon, il parvient à échapper à deux avions de chasse de la Luftwaffe.

Le 14 juillet, l’ordre arrive du transfert de l’escadrille II/33 à Borgo, près de Bastia. Le 18 juillet, c’est le jour du départ, les hommes devaient préparer, de Corse, Saint-Exupéry part pour un nouveau vol de reconnaissance, pour une mission entre Grenoble et Annecy. Le groupe s’installe dans une villa à Erbalunga, à une dizaine de kilomètres de Bastia.

Le 31 juillet à 8 h 45, à bord de son P-38 n° 223 d’une autonomie de six heures, le pilote-poète s’envole pour une reconnaissance identique à la précédente. À 10 h 45, l’avion s'efface des radars de Saint-Raphaël. Il est porté disparu à 14 h 30.

Le deuxième épisode de cette « Chronique sarde… mais pas que ! » reviendra sur cette période, en évoquant comment a vécu Saint-Exupéry à Porto Conte, ses relations avec ses camarades et son ami John Phillips, grand reporter du tout nouveau magazine Life.

À suivre.

Source : MASE – Museo Antoine De Saint-Exupéry

Via Porto Conte, 07041 Maristella SS - Italia

 

https://idese.cultura.gov.it/place/museo-di-antoine-de-saint-exupery-mase-alghero/

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